Mes astuces pour éviter les trous de mémoire à l'oral

Mes astuces pour éviter les trous de mémoire à l’oral

Se défaire du texte

 trous de mémoire à l'oral

Tout a commencé quand j’ai fait mon premier stage de théâtre au Cours Florent, c’était en juin.

On s’est retrouvés à 4 pour faire en un week-end 20 heures de théâtre.

Notre professeur nous a fait faire plusieurs exercices.

On devait arriver avec un monologue qu’on devait déjà avoir appris, un tout petit monologue d’à peu près un paragraphe.

D’abord il nous a appris à nous défaire du texte, c’est-à-dire à l’apprendre, mais l’apprendre tellement bien qu’on peut le faire dans n’importe quelle situation.

Par exemple en donnant des coups de poings, des coups de pieds, en criant de toutes nos forces. 

On a ensuite appris à dire notre texte tout en réagissant à quelque chose qui se passe en même temps avec le public ou un partenaire.

 Par exemple ou on devait  dire notre texte face caméra en réagissant à quelqu’un qui nous hurlait dessus : « ta gueule » ou « je t’aime ».

Et ça devait provoquer quelque chose en nous.

Italiennes

Mes astuces pour éviter les trous de mémoire à l'oral

Ce professeur m’a également appris ce que ça signifiait « faire des italiennes ». 

Quand tu fais une italienne, tu dois dire ton texte de manière neutre, et tu vas avoir pour but de l’enchaîner, le dire vraiment sans buguer, sans avoir besoin d’un temps de réflexion pour te rappeler ce que tu as à dire. 

Le but, c’est qu’à force de faire des italiennes, le texte sorte de ta bouche de manière automatique, sans que t’aies besoin d’y réfléchir.

Au point que tu peux même penser à autre chose et faire autre chose en le disant. 

Donc faire des italiennes c’est tout simplement dire son texte en entier sans essayer d’interpréter mais juste le dire. 

Et quand on te dit « va faire des italiennes » ça veut dire que tu vas dire plusieurs fois ton texte d’affilée aux autres ou à toi-même à haute voix.

Pour bien le connaître et bien l’avoir en tête.

Bourrinage et mode automatique

bourriner

Lors de ce week-end de stage on avait très peu de temps pour apprendre des textes très longs.

J’ai dû apprendre le monologue d’une scène de rupture qui était très très long la veille pour le lendemain où on avait le bilan. 

Et c’est vrai que comparé à maintenant et au travail que je fais au Cours Florent, je me suis rendue compte qu’il faut vraiment prendre le temps d’apprendre un texte. 

Il le faut pour pouvoir bien le jouer  et pour pouvoir se libérer du texte et s’amuser avec.

Pour pouvoir en sortir au point d’être limite possédée dans la scène et de ne plus penser au texte.

Pour juste penser à ce qu’on est en train de vivre et vivre le truc à fond. 

Il faut du temps. 

temps

C’est ce que j’ai appris quand j’ai fait ma première carte blanche. 

Je jouais une scène d’amour avec quelqu’un qui m’a fait réaliser que j’avais un défaut.

J’ai tendance à prendre mon cerveau pour un super calculateur. 

J’allais répéter et dire mon texte encore et encore plusieurs fois d’affiliées jusqu’à ce que ce soit parfait. 

Sauf qu’en réalité mon cerveau a besoin de temps pour digérer l’information, donc il vaut mieux faire 2-3 italiennes à intervalles réguliers plutôt que 10 d’affilée. 

Alors j’ai compris qu’il valait mieux que j’apprenne mes texte sur la longue durée, sur plusieurs jours. 

Les bienfaits des corvées ménagères

Certes je peux bourriner, mais pas pour être efficace le jour même et ressortir le texte parfaitement juste après.

Mais par contre ça aura un impact efficace le lendemain.

Parce que le lendemain d’un « bourrinage » je me suis rendue compte que j’avais hyper bien assimilé le texte.

 Donc j’ai compris que le travail de mémorisation du texte ça doit prendre plusieurs jours. 

Et je pense que c’est totalement faisable en une semaine, je dirais même que c’est faisable en 4 jours. 

Plutôt que de répéter bêtement 15 fois d’affilée mon texte, je préfère faire des italiennes quand je fais des tâches ménagères, manuelles ou des corvées, et au bout d’un moment ça rentre.

Mais je ne fais pas ça tout le temps c’est à dire que je ne vais pas répéter mon texte et le mémoriser pendant une heure ou deux heures sans m’arrêter. 

Je préfère faire quelques italiennes (2 ou 3) mais à intervalles réguliers par exemple toutes les heures ou au moins une fois par jour tous les jours. 

Grâce à ça l’assimilation de la Margaux qui prend son temps est beaucoup plus profonde et ancrée que celle de la Margaux qui bourrine pendant une journée. 

Connaître son texte au point de pouvoir l’oublier

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Au Cours Florent, je me suis rendue compte qu’au moment de jouer sur scène il faut que je puisse avoir complètement oublié le texte. 

Il faut que quand je vis la scène le texte je le connaisse tellement, que j’ai tellement l’habitude de le faire, qu’il sorte de manière automatique.

Ce qui fait que j’ai plus besoin d’y penser et je peux totalement m’en déconnecter pour me connecter à autre chose, c’est-à-dire la situation que je suis en train de vivre dans la scène que je joue.

Et c’est ça qui va me permettre d’être totalement libre sur le plateau, de m’amuser, et d’être sincère. 

Par exemple pour mon monologue de Nana, je l’avais appris, puis pendant un mois je ne l’ai plus travaillé, ce qui n’est pas bien, et je me suis retrouvée à une semaine de l’examen à devoir le réapprendre. 

Du coup les deux premiers jours j’ai beaucoup bourriné en faisant des italiennes dès que je le pouvais dans toutes les situations du quotidien (ménage etc).

Après, je me suis concentrée sur l’interprétation en continuant de répéter ma scène ce qui a fait que j’avais au final mon texte ancré de manière automatique. 

Mémoriser la diction

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Par contre, dans une autre scène je me suis rendue compte  à l’examen qu’il y avait un petit souci.

En fait, même si je connaissais mon texte par coeur, je ne le connaissais pas au point de pouvoir m’oublier et au point de pouvoir être en mode « possédée ».

Ce qui fait que quand je l’ai joué je me suis déconnectée du texte parce que je jouais et du coup il y a eu un moment de petit cafouillis.

Parce que justement je n’avais pas ce niveau-là d’ancrage automatique du texte, des mots et de la diction aussi.

Parce que c’est aussi un travail de mémorisation de la diction.

C’est-à-dire qu’on l’a tellement dit en bouche, on a tellement dit les lettres, les mots, qu’on ne peut plus cafouiller sur les mots.

Et donc on a plus besoin non plus de réfléchir à la diction.

Donc il y a aussi un travail à faire d’appropriation des mots, de leurs sonorités, des lettres, que ce soit ceux qui nous posent problème ou non. 

Pour qu’on l’ait tellement fait que quand on arrive au jour J il n’y ait plus aucun problème. 

Et cette maitrise profonde du texte et de la diction donne beaucoup de force, d’appui et de confiance en soi quand c’est ton tour de jouer.

La force d’un texte bien assimilé

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Au début quand on apprend à parler en public on se rend pas compte de l’importance de la mémorisation.

On se rend pas compte d’à quel point c’est important de connaître son texte. 

On est même plus sur un niveau de par coeur comme à l’école.

Il faut connaître son texte de manière à ce qu’il sorte sans même qu’on ait besoin d’y réfléchir. 

C’est même plus de la récitation ça va au-delà de ça en terme de connaissance.

Tu dois aussi bien le connaître que ton prénom, tu dois l’avoir bouffé. 

Et c’est que une fois arrivé à ce stade-là, que là tu vas pouvoir commencer à t’en libérer.

Et là tu vas commencer à faire des choses merveilleuses au niveau de la mise en scène et de toi.

De tout ce que tu peux transmettre.

En fait un texte bien su bien ancré ça peut être un énorme point fort, ça peut te porter.

Comme ça peut totalement te tuer  tout ton travail, si tu as un bug dessus.

Parce que ça casse tout et du coup ton mental pourra pas être concentré sur l’interprétation.

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